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Vallée des mots, insérer ces jeux de mots : Fée Dive erre/ faits divers / fait d'hiver / Fée, dis « verre »/ Fait ! Dix verres !

Dive errait depuis longtemps dans les rues de Paris. Dans sa tête se bousculaient les dernières paroles de sa mère, la plus puissante des fées, la terrible Fée Dive Rrrrr : « Je veux que Fée Dive erre éternellement sur la terre comme une simple humaine, privée de ses pouvoirs ! Ma fille, je te chasse du Royaume d’En Dive, ainsi je serai vengée de ta grande beauté qui osa surpasser la mienne ! Seul, l’Amour pourrait te délivrer, mais je doute que dans l’état où je vais te réduire quiconque daigne un jour poser les yeux sur toi… Ah-ah-ah ! ».
Chaque matin, Dive s’éveillait dans un quartier différent de la veille, perdue, épuisée, comme si la nuit l'avait déplacée, transportée hors de tout repaire connu. Ses journées consistaient à arpenter les rues comme une vagabonde, en perpétuelle quête de nouveaux endroits où trouver réconfort et nourriture… Mais un soir d’hiver, elle aperçut à la lumière d’un lampadaire, le visage d’un jeune homme différent des autres, si beau qu’elle ne put s’empêcher de le suivre. Il disparut derrière une porte cochère où elle resta une grande partie de la nuit à contempler la fenêtre de son appartement qui s’était doucement allumée puis éteinte. Elle finit par s'endormir, mais au petit jour – miracle ! – elle s’éveilla au pied du même immeuble ! Cela signifiait que pour la première fois depuis la malédiction de sa mère, la nuit ne l’avait pas engloutie et dispersée aux quatre coins de la ville !
« C’est lui, mon Prince ! Il m'a délivrée du sort !» pensa-t-elle.
La porte cochère grinça, et elle le vit à nouveau, plus beau que la veille, se diriger d’un bon pas vers le carrefour. Il héla un taxi et s’apprêtait à traverser au feu rouge quand, affolée à l’idée de perdre sa trace, la fée dit « VERT ! » et une chose prodigieuse se produisit : le feu rouge passa instantanément au vert ! Les voitures démarrèrent en trombe obligeant le jeune Prince, très en colère, à rester sur le bas coté tandis que le taxi s’éloignait. Elle se retrouva tout près de lui, sur le trottoir au milieu de la foule, le regardant à la dérobée. Comme il tournait machinalement la tête vers elle, elle eut le réflexe de troquer son minable manteau en fausse laine (fait d’hiver dernier..) en une jolie parka neuve à la mode. « Aucun doute, j’ai retrouvé mes pouvoirs ! Grâce à l’Amour ! » s’émerveilla Dive.
« Demandez le journal, achetez le Parisien ! » cria soudain une voix aigüe qui se détachait des bruits de la ville. « Le journal des faits divers, Messieurs Dames ! Le célèbre musée d'Orsay en flammes ! Tout, tout, tout sur ce terrible incendie !! ». « QUOI ? » hurla le jeune homme en arrachant le journal des mains de l'adolescent. « Mais c'est mon lieu de travail ! Je devais commencer ce matin, c'est MON musée ! ». Dive vit son prince s'écrouler sur un banc, visiblement désemparé. Vite, elle réfléchit. Il faisait si froid... Elle repéra une brasserie qui dégageait de bonnes ondes à des centaines de mètres à la ronde... Le jeune homme n'ayant visiblement plus aucune raison de continuer son chemin, elle s'enhardit : « Venez, ne restez pas sur ce banc. J'ai froid moi aussi, et je ne suis pas pressée. Si nous allions prendre un café pour nous réchauffer ? ». Il la regarda, ahuri, et finit par la suivre.
La chaleur du bar, les rires des clients et les cris rassurants du serveur les accueillirent : « Cinq bières pour
Les yeux brillant, passant de l'étonnement à l'admiration, il posa sa main sur celle de la jeune fille. Dive, plongeant son regard dans le sien, sentit que son destin était en train de basculer, de prendre un fantastique et tout nouveau chemin : « C'est grâce à toi, lui dit-elle avec son plus beau sourire. J'errais sans savoir où j'allais, sans but, et je t'ai trouvé. Toi, mon prince ! ». Ce à quoi il répondit en regardant la neige qui tombait à présent sur Paris en légers flocons : « Et toi, tu es ma fée d’hiver... ».