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Poésie, textes, vidéos piano, chats

Nostalgie



Premier spleen


Longue
tristesse à la fenêtre
je me souviens de ce mal-être
jour cotonneux couleur d'absence
où le ciel blanc pleurait d'ennui
sur les toits gris de mon enfance
où les secondes à la fenêtre
se sont éteintes à l'infini
dans le silence de ce
Dimanche...

.




      e
n écho, par Malou..

 

 

 

 

 

 

                                                                  "Vision"



Joie
immense à la fenêtre
Je me souviens de cette fête
Une veille de Pâques
Selon les dires de ma maman
Les cloches rentraient de Rome.
A force de scruter
le ciel à l'horizon
là-bas
Je les vis survoler
Le petit bois
derrière ma maison

                                            







Feuilles brûlées


Des feuilles tombent
sur ta tombe
tapis austère
autour de quelques pierres

Sur le lieu privilégié
de tes anciens étés
la croix de bois
veille sur toi

Le laurier-sauce a grandi
et m'offre aujourd'hui
en hommage ingénu
cette caresse nue

Réveillant en silence
cette lointaine absence
que, du bout du coeur
doucement je pleure









A ma soeur



Est-ce le bruit du vent qui tord
mes entrailles, pleure
en mon cœur, se cogne
dans ma tête ?
   
Te rend sourde à mes appels
indifférente à ma souffrance...
 
Est-ce le bruit du vent qui t'emporte
t'éloigne de moi, assourdissant
grondant ?
 
Est-ce le bruit du vent qui chante
à mon oreille, cette douceur
cette douleur, tristesse d'être

De t'avoir aimée
à en mourir












La dame du ciel


La dame du ciel
A pleuré tout le jour
Rien n’a pu la consoler

Les joues pâles comme l’ennui
Elle a dû casser sa cruche de larmes
Ou la renverser toute entière

Pour qu’à travers les nuages
Rien de beau ne transperce
En ce triste jour












PAPA 

 

 
Toi, si loin
papa
que j'aurais chéri...

Il y a
un grand vase
d'amour

Que le potier
n'a pas fini

Il a prit
la forme
d'une musique

qui avance
dans le silence

Papa, je t'en supplie
si tu existes

Et si c'est possible

Viens...





  









  Jour férié          
  Sur la table endormie                    
 blondeur du pin
 bouquet de lilas
 presque rose
 lumière dorée
 d'une petite bougie 
 
Jour férié
 pluie grise
 en mon intime église
 se préparent
 les choses quotidiennes 
 au goût d'éternité









 


SOLITUDE


Parois immenses
de silence
 
L'oiseau de l'aube
chante en vain
et le soir se referme
sur ma souffrance
 
Pas d'horizon
 
Aucune raison de vivre
ou de survivre
dans ce désert de solitude
où tu n'es plus.





en écho, par Annick...

Parois infinies
De chuchotis
L'oiseau du soir
Pépie toujours
Et la nuit m'appelle
Dans de doux rêves
 
plein d'horizons
 
De rage de vivre
De survivre
Dans ce désert de solitude
Où tu es présent,
 
Tout le temps, tout le temps ...

Annick Brilland.






en écho, pr Domino....



Par dessus les murs,
le ciel
Le ciel qui change
peuple de nuages
pressés ou en franges
effilochées
puis vient le soir
l'étoile du berger
luit, le crépuscule
s'épand et recule
offrant à tous les damnés
sa voûte étoilée
  
Pas d'horizon
peut-être
mais une chanson
comme un écho
tissée de mots,
où tu es, tu vis
et tous les jours parviens
à renouer les liens
ténus jusqu'à demain.

Dominique Soulas













Larmes

Envie de
pleurer de désespoir

car tout me brûle les doigts.
Même quand l’amour cogne
comme il peut, maladroitement
et courageusement  à ma porte,
au final je n’en veux pas.
Où le mettre ? Je ne sais pas.
Mon pauvre cœur n’en peut plus
comme si c’était trop tard.
C'est trop tard,car je ne sais
que dire, ni que faire.
C’est si facile de dire je l’aime
bien au chaud dans ma solitude,
et devant lui me refermer
comme une huître sur sa perle.
Tous, voudrons ouvrir leur cœur,
chose facile, et moi, comme d’habitude,
dans ma peur de rire et de pleurer,
passant pour la méchante, sans rien voir,
je glisserai comme un fantôme
dans ce manteau que je connais,
celui de l’indolence ou de l’indifférence.
Cacher, par pitié, cacher :
c’est la seule force qu’il me reste.
Laissez-moi cacher cette misère,
c’est trop tard.
Ne me parlez pas de votre amour
je n’y suis plus, laissez-moi.
Laissez-moi faire bonne figure... 
Seuls, mes coussins connaissent
la beauté de mon visage en larmes
 










" Réflexion d'une cinquantenaire".

 
A nos âges, la mort est omniprésente.
Pour ceux de cinquante ans, elle fauche tout autour
et pour les plus anciens, elle frappe à la porte quasi chaque jour,
compagne habituelle libérant de bien des choses. 
Dès qu’une personne meurt, il ne reste que l’amour, n’est-ce pas ?
Un amour immense, qui se traduit ici-bas par si peu de choses...
Une main sur un front posée, une phrase, une rencontre.
Ces choses les plus humbles, celles qui n’ont jamais changé notre vie
mais l’ont accompagnée, comme une petite lanterne.
Nous sommes des vers luisants les uns pour les autres
juste pour éclairer un peu la route d’en bas
Et l’arrivée, c’est le ciel. Le ciel monumental...
Qui est pourtant notre berceau de tendresse et d’amour
Et la mort, c’est juste un petit fil de soie
qu’il faut laisser doucement se déchirer
pour devenir étoile.












Mon ciel




Du haut de mon ciel
je sens la souffrance
qui rôde
 
Un animal qui passe
dans mes entrailles
 
Si je tombe elle s’installe
et fait son nid de ma misère
 
Des tenailles dans le corps
sans issue de secours
et la terreur folle
de sa propre prison
 
Ciel de quiétude
et de sourires heureux
tiens-moi à distance
de ce fauve insatiable
 
Rappelles-moi la musique
toute petite
de ces instants complices
enfantins et graciles
 
Cette source inconnue
de délicatesse et d’amour
ces instants privilégiés 
improvisés
 
Ces cœur à cœur ténus
dans la gaîté
de l’innocence
de l’ignorance 
et de la charité
 
Patience
et courage
 
Si je rechute, tout passe
Mon ciel, l’éternité












Comptine



Ouvre la bouche mon enfant 
une cuillérée pour maman
une cuillérée pour papa
ça ne marche pas 
ce qui marche c’est la poésie
comme en Russie
une comptine enfantine
un peu comme ceci :
 
Un oiseau s’envole
un oiseau rigole
le chat l’a manqué...
 
- avale !
avale l’attente de la rime,
tu deviendras poète -
 
... le chat efflanqué 
 
Allez, avale-la cette bouillie-là
que tu n’aimes pas
plus tard tu goûteras
à tout ce que tu voudras
tu gob’ras même n’importe quoi
ça, je peux te le promettre 
des mouches ou des sornettes
tu sais, on est tous un peu bête
 
Aujourd’hui tu pleures
en recrachant ta bouillie 
mais un jour, dans la vie
tu sais quoi, mon cœur 
un jour on avale tout
même nos larmes
et des bouillies abominables
qui ne passent pas du tout.
Et ce jour-là on est vraiment nourri 
même qu’on n’a plus du tout faim
oui ce jour là, hélas, on se dit
qu’il est drôlement rude le festin 
 
Un jour tu verras il y a des larmes
qu’on ne peut plus pleurer
des larmes pétrifiées
plus dures que du béton 
on dirait dans la gorge
des barreaux de prison
 
Encore une petite chose
mon bouton de rose
ma perle
et surtout n’aies pas peur
mais écoute
il arrive aussi qu’on perde
hélas mon trésor
son propre cœur
 
Mais tu sais n’aies pas peur
regarde, vois 
vois comme je t’aime encore 
j’ai perdu mon âme
et le feu sacré
j’ai perdu mon cœur mais je t’aime
je t’aime 
je t’aime encore 
je ne sais pas comment c’est possible
ni avec quoi je t’aime et pourtant je t’aime
mon amour traverse les murs et les barreaux
et la douleur
chaque jour plus présente
Alors avale 
avale la vie mon petit
avale-la donc ma bouillie 
 
Dis, mon enfant, mon moineau
mon oiseau d’ paradis
dessine-moi quelque chose
chante avec du rose
danse avec ton crayon
ce sera ma comptine
tu veux bien
dis ma coquine ?
 
Allons dessine-moi une maison
une maison haute en couleurs
pour ta mère de douleurs

 

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