Dans le vent du matin une voix s'est levée Semblant venir de loin, enfouie dans mon passé. Quelle sourde inquiétude étreint toujours mon coeur Quand dans la solitude gémit le vent vainqueur ?
Je nous revois alors autour de cette table Penchant nos petits corps sous le néon instable, Les leçons ennuyantes, les devoirs capricieux Détrompant notre attente et le souffle furieux.
Cet intrus maléfique s'engouffre à la fenêtre Quelle étrange musique, oh le triste mal-être Glaçant nos petits doigts crispés sur les crayons Ne dessinant que toi au milieu des frissons...
Même dans l'escalier pénètre le vent fou Ne pas nous inquiéter, tirer le grand verrou Taire les pensées noires, refouler cette peur N'écouter que l'espoir qui s'écoule des heures..
Un tour dans la serrure ! mon bonheur, mon émoi ! Ma tendre déchirure... encore pour cette fois Tu as vaincu le vent, les dangers de la nuit, Toi ma douce maman, mon amour infini...