Infinie
De l’oubli
Nouveau départ
Mary cassat
Puisque j’ai tout perdu
Regardant le Néant
J’y puiserai ma Force
Et sans me retourner
Entraînant mes enfants
Avec mon chargement
Me tordant les chevilles
Pour rejoindre la ville
Contemplant ce désastre
J’irai jusqu’au grand champ
Narguer le vent, le grand vent
Comme un Aigle !
"La retraite" (écrite par ma mère )
La retraite est arrivée
et je n’y avais pas songé
Tous ces bruits oubliés
redeviennent familiers
Ils ont leur importance
au milieu de mon silence
Les chats qui respirent
et aussi qui soupirent
Le réveil et son tic-tac
me berce et ne m’énerve plus
Seul le bercement reste magique.
La retraite est arrivée
et je m’y suis noyée
J’écoute le tic-tac
et je perds tout contact
Je me retranche dans ma solitude
et je vis sa plénitude
L’extérieur est très loin
mais je n’en ai plus besoin.
La mort est au bout de l’allée
et je reste fascinée
Elle m’attire comme un aimant
et s’approche lentement
La spirale est en route
et je sais qu’elle m’écoute
Elle sait qu’elle m’intéresse
et que vivre c’est la détresse
Qu’il faut partir vite vers l’oubli
dans ce tourbillon qu’est l’infini
Déconnecter cette cervelle
qui tous les jours me réveille
sans espoir de bonheur
et fait vivre ce coeur
qui bat contre mon gré
et dont je n’ai pas clé.
La vie n’est faite que d’illusions
Le rêve sans doute est la compensation
Seule la mort est réalité
Car elle débouche sur l’éternité.
"Hommage"
Combien je l'aimais, elle le savait.
J’aimais son rire.
Même si ce sourire n’était que survie.
Pour masquer l’impossible.
Combien je l’aimais, elle le savait.
Je l’ai toujours aimée.
J’aimais son corps de mère inavoué.
La peau de ses mains, la rondeur de ses bras,
ça ne s’explique pas.
Elle m’a nourrie de Bach,
mon pain de chaque jour,
c’était ma prof, ma prof à moi.
Comme la neige riant sous le soleil
pour son premier matin au ciel,
j’entends sa gaieté, plus têtue que jamais,
ricocher ce matin dans mon cœur.
Peut-être un soir, comme l’ami Pierre,
en rêve elle sera là, au jardin, quelque part,
rayonnante, disant enfin, disant :
« Ça va ! Maintenant, je vais bien ! ».
Sourire de neige
pour son premier matin
au ciel
Parure de neige
pour faire ce chemin
sans elle
Amour de neige
pour sucrer de miel
ce chagrin
"Elle et moi"

Jolie, tremblante
elle poursuit sa route
Ce parcours immobile
Continues ma belle
ton indicible chemin
cueillant au hasard
les cadeaux de l’instant
Un poème te traverse
une prière, une chanson
tapie en cadence
aux portes de l’enfance :
Passez par ici et moi par là
aur’voir ma cousine on s’reverra
Passes par ici et moi par là
on s’reverra je te le garantis
tu n’es pas seule malgré les apparences
Tout proche,
mon cœur se rapproche
de ce destin terrible
La vie semble bien courte
pour espérer qu’un jour prochain
passé et futur s’envoleront
trop tôt pour qu’on se dise:
Entends l’instant, enfin voici
l’instant béni qui s’éternise...!
Passes par ici et moi par là
le temps n’est pas, donnes-moi le bras
Et même cette foi
qui s’est plantée dans nos cerveaux
un jour d’elle-même donnera
peut-être un fruit nouveau
inconnu de nous
Alors un jour peut-être
légères et muettes on s’en ira
là où le vent
nous mènera