Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Poésie, textes, vidéos piano, chats

Lumière du sud (extraits)

        
                                  Berry, la maison de campagne
                            

  

                                                         PROLOGUE

           La rugosité des pierres apparentes donnait à la pièce l'aspect d'une grange, surtout le soir, éclairée d'une simple lampe. J'aurais voulu plaquer mon corps contre la pierre et y laisser aller mon cœur. Comme le souvenir de nos os de petites filles se laissant ballotter dans les bras rudes et râpeux d'une vieille  brouette.

Et me blottir pour toujours dans la pénombre de la pièce. Face à l'austère cheminée. Pour toujours à l'abri. Dans l'épaisseur des murs. Avec la voix de leur chant silencieux. Leur inébranlable force.

Me contentant d'un morceau d'horizon, pâle et lointain. Comme une larme d'infini.


                                               Chap. 1

       
Les volets s'ouvraient sur une grange dépourvue de la moindre beauté. Ses briques rouges aboyant à la fenêtre comme une pièce rapportée, barrant la route à tout paysage et fanfaronnant d'oiseaux.


Mais dans l'après-midi, sa face écarlate réfléchissait soudain dans toute la pièce une lumière dorée plus chaude que celle du soleil. L'intérieur des pierres apparentes, ce mélange brun et rudimentaire de terre et de sable qui servait de mortier, prenait alors – comme sous l'effet d'un coup de sang – une couleur de terre orange. Comme une terre d'Afrique.


La rusticité du mur contrastait avec le moelleux du grand canapé dans lequel je me lovais, sable et chaux mêlés s'effritant inlassablement, déversant son lot quotidien de coulure et de rognure de mur. Mais j'avais besoin de me blottir au cœur de cette authenticité – la plus élémentaire – de m'étendre contre la pierre, de la toucher, de la voir telle qu'elle apparaissait sous l'épaisse couche de plâtre qui la recouvrait, pour la connaître et l’éprouver telle qu'on l'avait extraite de la terre une centaine d'années auparavant.

Cette patiente et microscopique avalanche de poussière était pour moi le signe d’une vie, de la vie perpétuellement en mouvement, le signe visible et palpable que la maison, façonnée avec les pierres et la terre du pays, était vivante.


Et je m’agrippais à cette vie comme les oiseaux s’accrochaient au lierre de la grange.

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
j habitais dans le Berry avant il y a ..... x années
Répondre
C
la photo est ce bien le Berry patrie de George Sand ?
Répondre
D
<br /> oui c'est une maison du Berry, que nous avons achetée... le berry c'est très grand, pas tout à fait la région de Georges Sand, mais pas très loin non plus...<br /> <br /> <br />
D
Oui, Nanou, ce début m'a donné bien du mal ! <br /> Le "livre" (25 pages !!) est terminé. <br />  <br /> merci pour ton passage.
Répondre
N
Excellent, j'aime tout particulièrement la dernière phrase.. Si c'est un début de livre, il mérite d'être développé ! J'ai franchement beaucoup aimé.Nanou
Répondre
R
Que de couleurs: la terre, les feuillages... Le senteurs ne sont pas bien loin!<br /> Quel est le titre de ce livre?
Répondre