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Poésie, textes, vidéos piano, chats

Poèmes bucoliques

 

LE VIEUX BERRICHON


Il s’en va il nous quitte
on accourt pour le voir
une dernière fois

Il est là pathétique
à l'heure du dernier soir
il nous saisit les bras

Tandis que sa sœurette
tendrement lui répète :
" Elle est là, la Brunette ! "
 
Sa fine main de vieux
qui remplace ses yeux
flatte encore mes cheveux

Disant en Berrichon : 
Oh, mon p’tit mouton
v’là qu’enfin, il’ v’nons ! 















La route



La route goudronnée
brille sous le soleil
on rit comme des gosses
en ramassant les pommes
qu’on trouve en chemin
 
et on se tient par la main
comme avant
  
 

Regarde il y a des mûres
sauvages et sucrées 
là-bas une buse
comme à la montagne
entends comme elle crie
 
Mon ami, mon frère
comme on a bien fait
d’acheter ici ces quelques pierres 
on a en prime toute l’année
la campagne rien que pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 














SOLEIL



Au soleil
éclate la joie ancienne
Celle des os qui chantent
Et la chair et la peau
qui grésillent
de plaisir




















                                            CLAIR DE LUNE
 

 



Lune ronde
tu nimbes la terre
d’un rayon
d’entre-deux
Pâle néon
d'une réalité
inversée
Si bien qu’on marche
en flottant
sur la lumière













MATIN 


 









Tout dort

Je quitte lentement la tiédeur de ton corps
et m'approche sans bruit dans la nuit
qui se meurt

Bleu du matin, 
 gris de la nuit
je m’habille de vous

 Un parfum interdit et secret
 je le vole
 
 L'oiseau attardé  je le surprend,
 le mulot apeuré s’enfuit
 
 Le ciel monumental  est tout chamboulé
 on dirait que la nuit  a chargé
 des nuages 
 étranges et inquiétants

 Quelque chose se bat contre la nuit
 une solitude grandiose et douce
 
 C'est à peine si j’ai froid
 le manteau de la nuit
 me couvre encore comme un ami
 
 Tiens,  le premier oiseau
 a parlé...
 
 Il ne me reste plus dans la pièce glacée
 qu’à remettre en route le vieux fourneau
 casser doucement les branches du fagot
 écouter sa plainte dans le tuyau
 
 Méditer longuement sur cette tristesse
 qui me remplit de joie
 
 Et préparer pour toi  dans le silence
 le sucre et le café , les fruits, le pain
 et le miel









SOIR









Je n’y vois presque plus
les choses se fondent
et se diluent
dans un monde flou
et secret
Ne retiens pas le jour
me chante le crapaud
tout à l’heure à minuit
ce sera la fête
Dans la nuit parfaite
tu verras la lune
elle t’éblouira
Tu croiras que c’est elle
qui chante aussi bien
car la lune et moi
nous ne faisons qu’un









HIVER



DU SUCRE GLACE

S'EST POSE CETTE NUIT

UNE POUDRE BLANCHE

JOLIE COMME UN COEUR













SI JE MEURS




Si je meurs avant toi
promets moi promets moi
de veiller sur les chats
si je meurs avant toi
de me tenir les doigts
en me parlant tout bas
 
Loin de tout hôpital
même si je vais trop mal
promets moi promets moi
de me garder là-bas
dans mon pays natal
loin de la ville-là
 
De toujours m’emmener
respirer la rosée
dans les herbes mouillées
me laisser contempler
le bleu de la vallée
et les champs labourés









LE LINGE













Il claque, il souffle
il crache, il siffle
ou se tait, couchant
les grosses feuilles râpeuses
des courgettes et les tiges
de lavande géantes
 
Il chante une présence
un silence, au cœur de la campagne
un chant d’amour et de vie
 
Comme un parfum d’Italie
 
Des voix s’interpellant
en plein champ
mains en visière sur le front
avec dans les yeux
le reflet bleu de l’horizon
 
Tintements de vaisselle
chocs de timbales
éclats de voix
gazouillis d’enfants
et de vieillards
échos de rires cristallins
 
Chante la vie
chante la nostalgie
là, chez mes voisins









PIERRES APPARENTES


Elles sont sauvages
et tiennent avec de la boue
Les murs sont si épais
j’y plaquerai mon corps
comme un enfant
sur le cœur de son père
Et toutes ces larmes gelées
jailliront du puits de ma souffrance 
Ce sont les pierres de la terre
des « pierres de pays »  dites-vous
Vous dont les parents,
en remontant le temps
dorment au même cimetière 
Mais pour moi
quel pays, quelle terre ?  
Je n’en connais qu’une, une seule
J'en ferai un linceul
une tombe un oubli
Un adieu !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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