Poésie, textes, vidéos piano, chats
Il s’en va il nous quitte
on accourt pour le voir
une dernière fois
Il est là pathétique
à l'heure du dernier soir
il nous saisit les bras
Tandis que sa sœurette
tendrement lui répète :
" Elle est là, la Brunette ! "
La route
La route goudronnée
brille sous le soleil
on rit comme des gosses
en ramassant les pommes
qu’on trouve en chemin
et on se tient par la main
comme avant
comme à la montagne
SOLEIL 
Au soleil
éclate la joie ancienne
Celle des os qui chantent
Et la chair et la peau
qui grésillent
de plaisir
CLAIR DE LUNE
Lune ronde
tu nimbes la terre
d’un rayon
d’entre-deux
Pâle néon
d'une réalité
inversée
Si bien qu’on marche
en flottant
sur la lumière
MATIN
Tout dort
Je quitte lentement la tiédeur de ton corps
et m'approche sans bruit dans la nuit
qui se meurt
Bleu du matin, gris de la nuit
je m’habille de vousUn parfum interdit et secretje le voleL'oiseau attardé je le surprend,le mulot apeuré s’enfuitLe ciel monumental est tout chambouléon dirait que la nuit a chargé
des nuages étranges et inquiétants
Quelque chose se bat contre la nuitune solitude grandiose et douceC'est à peine si j’ai froidle manteau de la nuitme couvre encore comme un amiTiens, le premier oiseaua parlé...Il ne me reste plus dans la pièce glacéequ’à remettre en route le vieux fourneaucasser doucement les branches du fagotécouter sa plainte dans le tuyauMéditer longuement sur cette tristessequi me remplit de joieEt préparer pour toi dans le silencele sucre et le café , les fruits, le painet le miel
SOIR
Je n’y vois presque plus
les choses se fondent
et se diluent
dans un monde flou
et secret
Ne retiens pas le jour
me chante le crapaud
tout à l’heure à minuit
ce sera la fête
Dans la nuit parfaite
tu verras la lune
elle t’éblouira
Tu croiras que c’est elle
qui chante aussi bien
car la lune et moi
nous ne faisons qu’un
HIVER
DU SUCRE GLACE
S'EST POSE CETTE NUIT
UNE POUDRE BLANCHE
JOLIE COMME UN COEUR
SI JE MEURS
Si je meurs avant toipromets moi promets moide veiller sur les chatssi je meurs avant toide me tenir les doigtsen me parlant tout basLoin de tout hôpitalmême si je vais trop malpromets moi promets moide me garder là-basdans mon pays natalloin de la ville-làDe toujours m’emmenerrespirer la roséedans les herbes mouilléesme laisser contemplerle bleu de la valléeet les champs labourés
LE LINGE
Il claque, il souffleil crache, il siffleou se tait, couchant
les grosses feuilles râpeusesdes courgettes et les tigesde lavande géantesIl chante une présenceun silence, au cœur de la campagneun chant d’amour et de vieComme un parfum d’ItalieDes voix s’interpellanten plein champmains en visière sur le frontavec dans les yeuxle reflet bleu de l’horizonTintements de vaissellechocs de timbaleséclats de voixgazouillis d’enfantset de vieillardséchos de rires cristallinsChante la viechante la nostalgielà, chez mes voisins
PIERRES APPARENTES
Elles sont sauvageset tiennent avec de la boueLes murs sont si épaisj’y plaquerai mon corpscomme un enfantsur le cœur de son pèreEt toutes ces larmes geléesjailliront du puits de ma souffranceCe sont les pierres de la terredes « pierres de pays » dites-vousVous dont les parents,
en remontant le tempsdorment au même cimetièreMais pour moiquel pays, quelle terre ?Je n’en connais qu’une, une seuleJ'en ferai un linceulune tombe un oubliUn adieu !