CHATS

Lundi 4 mai 2009

 


« Chat blanc aux yeux bleus à donner »

 

 

« …pardonne-leur, ils ne savent pas… »

C’est bien la pire peine

Qu’être tué par l’innocence

Ah ! tous ces yeux agonisants

Sans comprendre, sans comprendre…

 

La pauvre chatte que l’on laisse

A la maison de campagne

Avec quelques croquettes...

Qui reviendra pendant trois ans

Errer autour de la maison

Mais qu’un nouveau membre de la famille

- Une petite chienne noire -

Fera s’enfuir à tout jamais

Sans comprendre, sans comprendre…

 

Pourtant cette femme inconsciente

(Re) veut un chat blanc pour son enfant…

 

" La chatte empestait mes voisins "

( Bien sûr ! une litière dans un couloir d'immeuble!!! )-

" Il a fallût m’en séparer

Elle est partie… qu’elle était belle…"


 

Elle ne sait pas la pauvre femme

Combien ce cœur abandonné

A dû attendre et espérer

Sans comprendre, sans comprendre…

 

A cette femme - une amie -

L’explication est impossible

Juste dire non, ô trois fois non

A cette honteuse adoption.

 

 


domi

 


Par Domi
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Lundi 19 juin 2006



" A la recherche du chat perdu "...


Bienvenue dans mes souvenirs félins, que j'ai intitulés :

A la recherche du chat perdu "...


Autobiographiques, et chronologiques, ces 10 récits relatent l'aventure de quelques-uns de nos petits protégés, recueillis par nos soins, ou "placés" (j'aime pas ce mot !...) dans différentes familles...

Mes récits préférés : Tistou, Padou, Mitou, Toutsy fugue...


Par Domi
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Lundi 19 juin 2006

Premier chat-pître


T
istou fut "LE "chat de ma vie (qu'on me comprenne bien : c'est lui qui fut à l'origine de mon amour pour tous les chats).
  
Pourtant je n'en voulais pas. Il ne faut pas que j'oublie ce refus qui était le mien, net, catégorique, pour comprendre toutes ces personnes à cause desquelles, au-jourd'hui, je me tape la tête contre les murs pour arriver à leur faire admettre qu'adopter un chat leur ferait autant de bien qu'à l'heureux élu.
  
Je ne te voulais pas. C'était comme ça. Pas question.
  
Mais c'était sans compter sur l'opiniâtreté des enfants en général, et en particulier de mes chers élèves qui m'ont harcelée tant et tant :
  
"Ce n'est que pour six mois, prends-le à l'essai, s'il te plait..."
  
A l'essai le chat ? Pourquoi pas ? (Quand j'étais petite, nous avions des chats).
" Bon d'accord, six mois, pas plus, le temps que sa maîtresse accouche de son bébé...".
  
Mais, un jour, je comprends le piège que l'on m'a tendu :
  
" Reprendre le chat ? Mais il n'en a jamais été question ! Si tu ne veux pas le garder, il ira au Parc de Sceaux, rejoindre ses congénères de misère : ils sont nourris, il sera très heureux."
    
Heureux le chat, sans amour ? Tellement jaloux que la mère craignait pour son bébé !...
  
Alors commencent les tentatives d'adoption. Autant dire, la galère ! Trop vieux le chat, trop du sexe masculin le chat, trop noir le chat, trop grand le chat. Trop le chat !
  
Mais un jour, victoire ! Tu es enfin désiré pour ce que tu es, vieux, noir, grand et viril (enfin, presque...).

Mais, que m'arrive- t- il ?
  
Je regarde ton front plissé par les miaulements incessants, par les innombrables tentatives de séduction que tu as déployées pour me plaire, dont je m'enorgueillissais comme une imbécile.
  
J'ai peur. Qui sont ces gens ? Je... heu...Je ne... PEUX pas !
  
Je te garde. Je t'aime. Je ne le savais pas. Avoir failli te perdre me donne le vertige.
  
Te garder aussi me fait peur (je ne suis pas capable, je ne suis pas capable).
Et c'est comme si je me noyais, comme si je faisais la plus grosse bêtise de ma vie.
   
Je t'ai annoncé la nouvelle en bonne et dûe forme :

"Je t'adopte, tu comprends ? Je t'adopte !"

Il a compris. Immédiatement. Plus de rides sur le front, plus de miaulements.

Te voilà soulagé satisfait détendu avachi ronronnant sur le radiateur ! Et beau ! Mais oui, tu es beau en fait.
  
Le grand amour, ça existe. Je l'ai rencontré. Il a duré dix ans.
   
Je t'ai d'abord débaptisé, car "Série noire" est le nom le plus idiot qu'on puisse imaginer, n'est-ce pas ? Tu t'appelleras Tistou !
  
"Tistou les pouces verts" est un conte pour enfants dont le héros est un petit garçon, capable de transformer des armes de guerre en magnifiques fleurs. Enfant qui se révèle être un ange.
   
La complicité est une chose merveilleuse. Avec un animal cela prend des proportions étranges. Comment comprend-il ? Comment sait-il ? Parce qu'il SAIT, cela ne fait aucun doute.
   
Il m'aimait et je l'aimais. Il m'a aimée en premier, et c'est cela qui me bouleverse aujourd'hui. Il est impossible pour un être humain d'aimer autant qu'un animal est capable de le faire. Il faut en faire son deuil.

Je ne l'ai pas assez aimé, je l'ai mal aimé, je l'ai délaissé.

Je n'ai pas su veiller toute une nuit alors qu'il agonisait doucement, sans bruit, et que son dernier effort fut pour me rejoindre à l'étage, comme à l'habitude. Il n'a demandé que ma présence, et moi, je voulais absolument dormir pour être en forme le lendemain...

Et ce ne fut pas son dernier effort. Je lui ai demandé encore plus. Sa mort, son absence étaient pour moi tellement intolérables, j'ai invectivé le ciel en criant :
 
"Envoyez moi un signe !"
   
Je crois que j'ai été exaucée.

Après avoir pleuré pendant des heures, je suis montée me coucher ; on m'a apporté le sommeil, et un "rêve":
  
...Tistou revenait, montait sur le lit comme à son habitude ; je le regardais en lui répétant :
  
"C'est un rêve, tu sais bien que c'est un rêve, que je vais me réveiller."
  
Mais lui me répondait :
  
"Mais non, tu vois bien que je suis là, que ce n'est pas un rêve !"

Puis nous sommes descendus à la cuisine et je lui ai donné à manger, comme d'habitude, en le câlinant tant et plus, comme d'habitude.

Il avait l'air extrêmement fatigué.

Je l'ai câliné très longtemps ; le plus longtemps possible...


Je ne remercierai jamais assez pour ce temps qui nous a été donné de nous retrouver : le temps nécessaire pour que je goûte la certitude qu'il était encore " vivant "...

Puis j'ai ouvert les yeux. La chambre m'est apparue, bien réelle. Sans vie.

J'ai descendu les escaliers en titubant. A chaque marche, j'avais la sensation de m'enfoncer d'avantage dans une souffrance totalement désespérée, lucide, infinie.

En même temps, chaque pas que je faisais semblait me dire que j'étais guérie.

Qu'il me serait désormais possible de vivre sans lui.

Par Domi
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Lundi 19 juin 2006


Deuxième chat-pître : "La consolatrice".



Tistou était mort depuis six mois. Nous avions découvert par "hasard" un livre dont la première photo était celle d'un chat noir, et la première phrase :

" C'était Francoise, ils se sont enfin décidés à reprendre un chat !"

L'écrivain Philippe Raguenau et sa femme étaient en proie aux mêmes interrogations que nous : fallait-il oui ou non "remplacer" le disparu ?

A Noël, une amie me propose de garder son chat pour les vacances. Nous acceptons immédiatement et préparons la maison comme si nous attendions un enfant adopté. (Nous étions mûrs à point).

Quand mon amie me décrit notre futur petit pensionnaire, je vais de surprise en surprise :
" Quoi ! Elle est noire ? Comme Tistou ! Comment ? Elle s'appelle Toutsy ? L'inverse de Tistou !"

Ben oui quoi...
   
Mon cœur s'est rempli facilement. Je ne peux que très chaleureusement conseiller aux personnes ayant à faire le même deuil que nous de reprendre assez rapidement un chat.

A peine la porte s'est-elle refermée sur mon amie, que la jeune Toutsy s'est immédiatement couchée sur le dos, nous offrant son ventre ! Je n'en revenais pas. Elle qui ouvrait de grands yeux interrogateurs dans cette nouvelle maison, ne comprenant visiblement rien à ce qui lui arrivait … Quelle faculté d'adaptation, quelle confiance innée ces animaux sont capables de nous donner ! Comme les enfants...

Comment exprimer le soulagement que l'on éprouve à refaire spontanément les gestes quotidiens (interrompus si brutalement quelques mois auparavant), comme de se pencher pour donner à manger, préparer une litière en un temps record avec une sensation de fierté du devoir accompli... Quel sentiment de plénitude ! Toutsy a dû se sentir rassurée par mon assurance et mon bien-être.

A son retour, mon amie m'annonce tranquillement :

"Si tu la veux, tu peux la garder. Elle est à toi".

Elle était déjà à nous. Depuis le jour où nous avions lu ce livre.

Elle a pris sa place sur le rebord du canapé, suivant les traces (réelles ou télépathiques je ne le saurai jamais) de Tistou : se vautrer sur le radiateur, ou me devancer dans l'escalier au moment où je décide de monter me coucher.

Discrète, jolie au dire de tous, Toutsy ne monte pas sur les genoux. Mon cœur commence à se serrer. Et si je n'arrivais jamais à l'aimer autant que Tistou ?

Par Domi
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Lundi 19 juin 2006


Troisième chat-pître 

Un jour une élève - encore ces chers élèves - me tend un piège totalement calculé : " Viens chez nous, dans le hangar nous avons une armoire qui serait parfaite pour tes partitions."

En effet l'armoire me convenait. Mais - oh, surprise !- dans un carton était née une portée entière de chats sauvages, mal en point, que les enfants essayaient de nourrir au biberon.
    
Dilemme. Tistou n'avait jamais toléré le moindre congénère. Et s'il en était de même pour Toutsy ?
    
(Bernard, mon compagnon, ronchonne déjà.).

Je me penche, totalement décidée à ne pas prendre de décisions, mais mine de rien je gamberge : (je ne vais tout de même pas le choisir pour sa couleur, pour que cela "tranche" avec Toutsy...).

Ma main se laisse aller doucement dans le carton…

Un tas de poils noirs, absolument informe, commence à chercher ma main en donnant de petits coups de tête. Je le saisis : (Tiens, il a la même petite culotte blanche que Toutsy ; comme ça, pas de jaloux, tous les deux pareils ; et puis c'est un signe n'est-ce pas ?)

"Au fait c'est un mâle ou une femelle ?"

Nous optons tous pour la féminité évidente de ce "drôle d'être"...
     
Bernard me regarde l'oeil sombre. Je sais que je ne sais pas ce que je fais. Il ne faut pas savoir. Il ne faut pas réfléchir.
Tout le monde parle. Mon élève en profite même pour essayer de me refiler un des frères du chaton (mais il ne faut pas abuser tout de même.)

Nous chargeons l'armoire et je garde à la main, la "chose"...
      
Dans la voiture une autre découverte m'attend ; ce "chiffon" a des petits points blancs partout : des poux ! Super. C'est Toutsy qui va être contente…

Tiraillée entre jalousie et instinct maternel Toutsy a peut-être joué un rôle de mère, nous ne le saurons jamais avec certitude, mais quelle rude éducation : des bagarres (à armes totalement inégales), des tentatives d'étouffement ou des séances de léchage tellement violentes qu'elles arrachaient des plaintes au pauvre bébé. Nous n'avons osé les laisser sans surveillance qu'au bout de six mois.

Au moins elle lui aura appris à se défendre…

Le bébé ne ressemble à rien, ou plutôt à tout... sauf à un chat ! Même les vétérinaires sourient de surprise : "Qu'est ce que c'est ?"demandent-ils...

Sinon, nous avons eu droit à : "On dirait un rat !".

Ou bien : "Qu'est ce qu'il a au nez ? Et ses poils ? Ils sont bizarres... ".


Poupoune est très belle ! C'est un "chat royal", une race !
Elle ressemble à un écureuil volant avec sa queue en panache. Ses poils hirsutes, collés et chiffonnés sont devenus des poils "mi-longs" s'il vous plait !

Elle évoque beaucoup d'animaux à elle seule ; nous disons toujours d'elle :
" Cet être étrange venu d'ailleurs..." .
Et nous ne regrettons pas de l'avoir adoptée dans un moment d'égarement ; oh non !
Bernard en est littéralement fou. Quant à moi on peut dire que grâce à Poupoune je connais un peu la maternité. J'ai Poupoune en plein cœur, comme si c'était ma chair.

Elle a aujourd'hui sept ans, et c'est toujours un bébé.

Virevoltant dans tous les sens, elle bondit jusqu'au plafond à la moindre surprise et aucun miaulement "normal" n'est encore sorti de sa gorge à part des couinements gutturaux très étranges.
Vivant dans l'instant présent, elle oublie tout dans la seconde qui suit, exactement comme un chaton. C'est comme ça, c'est son caractère. C'est Poupoune !

Si elle joue c'est une véritable diablesse sans la moindre retenue qui vous massacre littéralement de ses griffes pointues à l'extrême. Une pelote d'épingles !! C'est horrible. Heureusement pour moi, elle réserve ce traitement de faveur à ce pauvre Bernard, SON homme !

Mais quand elle dort, pliée en huit, elle est toute douce ; il suffit de plonger la main au hasard des poils, et l'on sent une petite langue qui s'active gentiment.
   
C'est sûrement sa manière à elle de téter sa mère dont on l'a séparée à peine âgée de quinze jours...

Par Domi
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Lundi 19 juin 2006



Quatrième chat-pître  


Toujours à l'affût du moindre chat en difficulté, je repère un magnifique chat roux, plus exactement orange, qui erre lentement dans les jardins.

Un beau jour, s'enhardissant un peu plus qu'à l'ordinaire, il s'approche. Nous lui proposons une assiette de nourriture, mon "test" habituel. Très concluant le test : il a fallu quatre assiettes pour combler cette pauvre bête !

Bernard et moi, nous nous regardons, désolés (nous ne pouvons quand même pas adopter trois chats…). Nous le laissons repartir, lentement, comme à son habitude.

Le suivant du regard, je lance : "Et voila, une fois de plus, il doit se dire qu'on ne veut pas de lui."

A l'instant précis où j'ai prononcé ces paroles, le chat s'est retourné et, en courant, alors qu'il semblait si fatigué, nous a rejoint !...

C'est Bernard qui a craqué. Il s'est penché vers le chat pour lui offrir une caresse : un amour ! Mon compagnon a pris sa décision sur le champ. Le soulevant dans ses bras, il a dit d'un ton décidé : "Je le mets dans le studio !".

(Ce studio que nous louions pour rien aura au moins servi à "cha". . .)

Jamais je n'oublierai l'arrivée du chat roux dans le petit appartement. Il s'est laissé tomber lourdement sur le lit, raide et immobile, je l'ai cru mort. (On ne peut imaginer l'émotion qui submerge ces pauvres bêtes errantes quand ils trouvent enfin un toit).

Je me suis étendue sur le lit. C'est alors qu'il a fait quelque chose qu'aucun autre chat ne m'a jamais fait. Il est monté sur moi, décidé, (je n'étais pas très rassurée) et s'est allongé tout prés de mon visage ; il a mis ses pattes AUTOUR de mon cou et m'a "couverte de baisers" ! Quelle émotion !
 J'ai passé la nuit avec lui, impossible de dormir ! Dès que je le regardais il sautait sur moi. Et je ne pouvais pas m'empêcher de le regarder...

Je passais d'étonnement en étonnement ; mais enfin d'où venait ce chat ? Quelle était son histoire ?

N'y tenant plus, je mène mon enquête. Ce chat était connu pour avoir été tout bonnement abandonné par sa maîtresse, dans la rue, après avoir sauté par la fenêtre (évidemment, il n'était pas castré). Une voisine.

Prenant contact avec cette dernière, j'apprends qu'elle hésitait à le reprendre parce qu'il avait... des puces ! Il errait dans la rue depuis des mois ! Nourri, en cachette de leurs parents, par des enfants ! Furieuse, j'ai fait signer à cette ingrate une lettre d'abandon officielle (totalement "bidon" évidemment).

Petites annonces, c'est reparti ! Il nous a fallu six mois pour trouver un maître à Gavy, que j'avais baptisé "Gavroche" à cause de sa fourrure orange. C'est tout simplement le frère de Bernard qui l'a adopté, après beaucoup d'hésitations.

Ainsi, Gavy fait encore partie de nos vies.

Par Domi
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Lundi 19 juin 2006



Cinquième chat-pître



A la même époque, surgit de la nuit un chat noir que je n'avais jamais vu. Coup au cœur, il me rappelle Tistou. Comme il se doit, je pratique mon test nourriture. Il a faim. Mais repart sans se retourner.

Environ quinze jours plus tard, il réapparaît de la même manière, surgissant de nulle part… Heureuse de le revoir, car déjà très amoureuse de lui à cause de sa ressemblance avec Tistou, je bondis : "Ne bouge pas, je vais te chercher quelque chose à manger !"

S'est ensuivi une scène cocasse...

Totalement naïve, je me précipite dans la cuisine comme s'il y avait le feu, et accours vers mon chat, une assiette à la main, plus de chat ! Je regarde autour de moi, baisse la tête et… TROIS chats noirs sont là, à mes pieds, très impatients de goûter ce que je tiens à la main !
J'avais dû m'enfuir à la cuisine avec une telle fougue que le chat noir et mes deux chattes noires (qui avaient dû assister à la scène) m'avaient tous, d'un même élan, suivie à la cuisine sans que je m'en aperçoive, et suivie encore quand j'étais repartie, tout aussi précipitamment, là où devait m'attendre notre visiteur.
Quand je pense que j'ai préparé à manger sans voir que j'avais trois chats noirs dans les pattes !

Erreur fatale : le nouveau venu avait "visité" ma cuisine, avait constaté la "bonne poire" que je suis, et n'a pas du tout détesté ma nourriture. Il s'incruste.

Nous craquons un peu pour lui, surtout moi. Nous laissons faire, il est si tranquille, pas de bagarres...

Hélas pour lui, Poupoune s'étant un jour approchée de lui, totalement inoffensive comme d'habitude, il s'est permis - scandale! - de lui faire des "remontrances".

Je n'ai pas supporté. On ne touche pas à mon bébé !

C'était le test ultime : "Padou"- baptisé ainsi car nous ne savions "pas d'où" il venait - ne ferait pas partie de la famille.

Petites annonces le décrivant, rien, absolument rien.

Padou est calme, solide. Je décide de lui demander de repartir, de mener sa vie comme il l'a toujours menée. Après tout, c'est lui qui, la première fois, est reparti sans se retourner et n'est pas revenu pendant quinze jours ; il a sûrement un foyer, c'est seulement la gourmandise qui l'attire chez nous.

C'est dur. Il insiste. "Culotté" comme tout, il entre par "effraction"; (hé oui ce n'est pas tous les jours qu'on trouve une bonne maison). Je lui explique qu'il faut se dire adieu. Je ferme la fenêtre (et mon cœur) et lui demande de partir. Il a compris.
Je sais qu'il ne faut pas que je me penche, ne serait-ce que pour lui jeter un dernier coup d'œil. Mais je craque. J'ai regardé… Il savait que si je le regardais une dernière fois, c'est que je l'aimais ! Il revient en courant.

Il est là, mais nous n'en voulons pas.

Un jour, une femme sonne à la porte. Quelqu'un lui a dit que nous avions un chat à donner, et elle cherche un chat pour l'anniversaire de sa fille (malheureusement, à l'époque, je ne connaissais pas le fameux test "anniversaire pour ma fille" - pour les humains cette fois - test reconnu "fatal").

Devant son aspect inquiétant, je mens au sujet de Gavy qui n'était pas encore placé à l'époque. Qu'il me pardonne, je lui propose Padou.

La mâchoire de travers, noir, vieux, les pattes arquées, elle craque: "Qui voudra de ce chat ? Personne ! Si je ne le prends pas il ne sera jamais adopté."
Je suis touchée par ses arguments, c'est décidé, elle emmène Padou.

Mais jamais je n'ai été tranquille avec cette adoption. Cette femme a eu "tout faux" depuis le début (nourriture pour chiens, collier de chien, mensonges…). J'en étais malade à chaque visite ! Son seul atout : elle a souffert, il a souffert, elle semble l'aimer et la petite fille aussi.

Les mois passent, deux années. J'ai de plus en plus d'appréhension à l'idée de lui rendre visite. Mais un jour, mon angoisse est trop forte ; n'y tenant plus, je par-viens à entraîner Bernard pour aller la voir.
Le cauchemar… Elle refuse de nous ouvrir et "aboie" qu'elle n'a plus le chat ! Nous insistons jusqu'à ce que sa fille aînée sorte de l'appartement : " Il est chez un ex- mari, il va bien."

"Ouf !…"

Nous nous rendons à la nouvelle adresse de Padou, il est neuf heures du soir, une petite fille nous ouvre. "Padou ? Il n'est pas là... " (Ses parents non plus.)
L'enfant semble terrorisée par mes jérémiades. (Bernard me dira plus tard qu'elle avait l'air de se sentir coupable). Elle finit par nous raconter que Padou avait peur chez eux, et qu'un jour il s'est sauvé par la fenêtre !

La petite fille semble dire quelque chose comme "il est dans un pavillon ", mais je n'entends et ne comprends plus rien ; ainsi mon intuition ne m'avait pas trompée, cette adoption a été une catastrophe et j'ai trop attendu pour venir au secours de ce pauvre Padou qui n'avait rien demandé ! Je me culpabilise, je suis désespérée, il est perdu, perdu à tout jamais !
Bien trop malheureuse, je ne peux me résigner, pas encore ; nous attendrons le retour des parents de la fillette.


En effet, l'enfant n'a pas dit n'importe quoi : son père confirme la fuite de Padou par la fenêtre et… qu'il est persuadé l'avoir revu, par hasard, dans la cour d'un pavillon ! Pas très loin.
Toute la famille nous y conduit sur le champ, malgré l'heure tardive, et Bernard et moi décidons de revenir le lendemain matin, un peu sceptiques…
 
Réveillés aux aurores par l'excitation, nous voici devant la maison. Nous commençons par interroger une boulangère : "Oui, il y a des chats dans ce pavillon, un chat noir ? Oui je crois."

Hésitants, nous nous approchons de la grille de la maison…

Un chat noir est là, qui miaule.

Je dis à Bernard : " Tiens, il y a un chat noir…"

"Mais, cette voix…mais, cette petite tâche blanche sur le dos…?"

Je me tourne vers Bernard ; l'air déjà émerveillé, il me crie :
" Mais c'est lui ! Tu vois bien que c'est lui !".

C'est lui ! Mon Dieu, c'est lui... il nous regarde, il miaule.

"Regarde comme il est devenu beau ! Il a tellement grossi, je ne le reconnaissais pas. Et ses pattes arquées ! C'est lui, c'est vraiment lui ; et sa mâchoire de travers ! C'est toi, Padou ! C'est bien toi !"

Nous sommes restés un long moment à savourer ces retrouvailles, longtemps après que Padou se soit lassé de nous voir plantés là, devant sa maison, et se soit volatilisé dans son jardin.

"C'est un miracle !" n'arrêtais-je pas de répéter," c'est un miracle."

J'ai téléphoné au propriétaire du pavillon, il m'a raconté que Padou est arrivé "de nulle part", dans son jardin, un jour de tempête, en miaulant désespérément. Cette personne a mis, comme nous, des petites annonces partout, sans résultat.

Nous ne saurons jamais d'où venait Padou, mais il n'a plus quitté son nouveau maître. Il m'arrive de passer devant la maison de Padou, jamais je ne l'ai revu.

Ce matin là, il avait eu l'air de nous attendre.

Par Domi
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Lundi 19 juin 2006


Sixième chat-pître


Je donnais mes cours au conservatoire, comme tous les mercredis après midi, quand soudain j'entends des miaulements déchirants venant du parking de l'école. Ceux d'un chaton.

Je demande à l'élève qui vient d'entrer dans la salle s'il a vu quelque chose.

En effet :
- C'est un tout petit chat, des gens ont essayé de l'attraper mais il s'est caché sous une voiture !  
- Mais alors, qu'ont-ils fait ? 
- Ben, ils sont partis…. 
- Partis ? Mais tu entends ces hurlements ! C'est plus que je ne puis en supporter. Peux tu me montrer l'endroit exact où cette scène s'est passée ?

Il peut. (Pardon d'avoir quitter mon"poste", mais il s'agissait d'un cas de force majeure.) Nous voilà sur le parking.

Je l'ai vue immédiatement, éclairée par un lampadaire, hurlant sa détresse sous la pluie. Je me suis accroupie par terre en ouvrant les bras dans un total abandon. (où avais- je vu faire cela ?) : " Viens ! N'aie pas peur, viens ! "

Sous les yeux ébahis de mon élève, la petite bête s'est précipitée... dans mes bras ! Maigre, humide, elle était pitoyable. Nous sommes rentrés en courant dans l'école : "Vite ! Quelqu'un aurait-il de la monnaie ? Elle crève de faim !"

(Quand je repense à la dizaine de parents, attendant tranquillement leur enfant, qui s'est précipitée vers moi, totalement "happée" par mon enthousiasme communicatif…)

Nous lui avons acheté des madeleines au distributeur, et donné à manger immédiatement dans la main ; elle n'était pas du tout effrayée et ne savait plus où donner de la dent tellement elle avait faim.

J'ai donné mes cours jusqu'au soir, une chatte sur les épaules ! Elle s'est faite câliner par chacun de mes élèves, sans complexe, et nous l'avons baptisée, d'un commun accord : "Musique" !

Il ne m'est même pas venu à l'idée de m'inquiéter au sujet de son avenir au sein de notre famille de chattes noires, ni de la réaction de Bernard, car pour rien au monde je n'aurais pu laisser Musique, seule sous son lampadaire ! J'étais confiante.

Je n'avais pas de panier à chat avec moi, mais ce qui est pire, pas de voiture à l'époque. J'ai donc supplié un de mes collègues de nous ramener à la maison. Asthmatique et allergique aux poils de chat, il a quand même accepté, tout en bougonnant sa fameuse phrase : "... Tu m'emmerdes Dominique, tu m'emmerdes… Mais oui, je vous ramène !"

La chatte dans les bras, je sonne à la porte et ne laisse pas Bernard en placer une : "Vite, elle est mouran-ante ! (pardon Bernard). Je l'ai trouvée, vite, donne moi la clé du studio !!".

Malgré sa petite taille, "Musique" n'avait pas peur de nos chattes, c'était une dominante. Et, évidemment, nos deux chipies étaient folles de jalousie.

Heureusement, le destin de Musique était tout tracé ; il n'a fallu qu'une semaine pour lui trouver un foyer. Ayant appris que nous avions un chat tigré à donner, toute une famille de nos connaissances s'est déplacée (pour la voir, seulement pour la voir avais-je compris) et l'ont emmenée… sur le champ ! " C'est la réincarnation de notre chat !" disaient-ils. J'étais dépitée ! On me l'enlevait bien trop vite, mais personne ne s'en est aperçu…

Elle a été rebaptisée "Ficelle", car c'est une chatte absolument malingre et qui était plus âgée qu'elle n'y paraissait.

D'où venait-elle ? Encore un mystère non élucidé. En attendant, elle fait la loi à deux chats et deux chiens !

Par Domi
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Lundi 19 juin 2006


Septième chat-pître 


Très souvent, nous avions la visite de matous, des vrais, en quête de femelle.

Pourquoi cette fois là ?... Un gros chat beige clair, que je connaissais un peu, mais dont le "test nourriture" s'était avéré négatif, commence à insister lourdement auprès de nos deux chattes : "Mais non, mon vieux, tu vois bien qu'elles ne sont pas intéressées, t'es bête où quoi ?"

N'empêche que nos deux chattes avaient le béguin pour lui, se roulant aux endroits où il laissait son odeur, sans aucun moyen de conclure quoi que ce soit ; la pauvre bête se contentait de miauler de manière terriblement agaçante.

Le voilà qui s'incruste, un peu, beaucoup, mais sans aucune bagarre : nos deux femelles étaient totalement subjuguées par sa taille imposante, sa crasse, ses blessures, et son œil poché.

Un jour, l'occasion est trop belle. Il se laisse attraper, c'est le moment ou jamais ! Maître ou pas maître, ce dernier est un ingrat de laisser cette pauvre bête miauler à fendre l'âme après des amours impossibles. Direction vétérinaire !
D'ailleurs l'odeur de ce mâle, bien qu'au goût de mes chattes, était absolument insupportable ; je lui disais souvent : "Tu es vraiment "inadoptable" mon pauvre vieux. Tu pues !" . (Mais j'avais déjà dans l'idée de le garder tellement il s'entendait bien avec Toutsy et Poupoune, et de toutes façons il ne nous quittait plus.).

Hélas, cette opération fut l'occasion d'une triste découverte.

Nounours (que j'avais baptisé ainsi à cause de sa ressemblance flagrante avec mon premier ours en peluche) était séro- positif : le Sida du Chat !

La décision m'incombait. Tout mon être criait non. Envers et contre tout, c'était non, nous n'allions pas le "piquer" ?! Pourtant, le risque était qu'il contamine nos deux amours…

Comment ai-je pu, face à un tel risque, prendre cette décision avec une si tranquille détermination ?… Il suffisait de le regarder, apaisé, de plus en plus propre, vautré comme un bienheureux, confiant, pour comprendre que sa vie était en train de commencer vraiment, et que ce n'était surtout pas le moment de la lui ôter. Il existait certainement une solution.

"On te garde Gros Nounours ! On te garde. Nos prières feront le reste..."

En fait, après bien des coups de téléphone à tous les vétérinaires de France et de Navarre, nous sommes arrivés à la conclusion que non seulement nos deux chattes ne risquaient rien avec Nounours, puisqu'ils s'aimaient, mais qu'au contraire, il les protégerait d'éventuels autres chats contaminés. En effet, c'était le chat le plus dominant que j'aie jamais connu. Une terreur. Même après qu'il ait perdu sa virilité il lui suffisait d'apparaître pour faire fuir le chat le plus téméraire qui aurait osé pénétrer chez nous.
 
Un seul animal a eu le dessus sur Nounours : la Tortue du quartier ! C'était à mourir de rire de voir Gros Nounours détaler à la vue de cet animal si inoffensif...


Nounours s'entendait particulièrement bien avec ma mère ; nous nous sommes demandés s'il n'avait pas eu une dame d'un certain âge comme maîtresse…

Nounours était vraiment très sympathique. Il s'est mis à nous aimer. Et à jouer ! Il fallait voir Nounours essayer de jouer ! Il n'était pas "rôdé". Son gros corps s'emballait maladroitement en voulant imiter nos deux folles, expertes en matière de cabrioles en tout genre.

Un beau jour, nous avons appris l'histoire de son passé.

Alors que nous affichions des annonces pour l'un de nos protégés, une dame âgée nous accoste et nous parle d'un chat roux très clair qu'elle avait nourri, et qui un jour l'avait quittée. "Mais c'est Nounours ! Il est chez nous ! Vous voulez venir voir s'il s'agit bien de votre chat ?"

Elle le reconnaît : "C'est toi, Biquet !" ("Biquet"...! Elle l'a connu petit ou quoi ?)
"Je l'ai nourri pendant des années, mais je ne pouvais pas l'adopter" continue la dame. "Puis, il a soudainement disparu. Un jour, il est revenu, et, voyant son tatouage, j'ai compris qu'il avait été adopté".

Cette dame nous a confié qu'elle a parfaitement senti, ce jour là, que Nounours était venu la prévenir : "Ne m'attends pas, j'ai trouvé un vrai foyer, sans rancune. Au revoir !". Elle ne l'a plus jamais revu.

J'ai cru sentir une pointe de regrets chez cette dame, qui se confondait en bonnes raisons pour ne l'avoir jamais vraiment adopté...

Nous l'avons rencontrée plus tard. Elle a pris un chat.

Pour de vrai.

Par Domi
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Lundi 19 juin 2006


Huitième chat-pître



A la même époque, une de mes amies me raconte une histoire assez sordide. Son beau-frère, prévoyant qu'un jour il hériterait de la maison de sa belle-mère, décide qu'il en a assez de tous ces chats que la mère de mon amie attire chez elle.

Un carnage se prépare : le vétérinaire du coin viendra "piquer" toute une famille de chats nés dans les vignes. Je suis scandalisée ! Je dis à mon amie :

" Ta mère ne s'en remettra jamais si on laisse faire ça ! ".

Elle est bien de mon avis. D'un commun accord, nous décidons d'empêcher ce drame.

Mon amie, courageusement, roule jusqu'à Bordeaux, munie de trappes. Mission accomplie, elle ramène les trois enfants, un mâle et deux femelles. Direction le refuge le plus proche.

Ces pauvres bêtes, à moitié sauvages, ont difficilement supporté l'enfermement. Le but était de les placer tous les trois dans le même foyer, mais il a fallu se rendre à l'évidence : la petite famille serait séparée. C'est le mâle qui a vu partir ses deux sœurs, l'une après l'autre, le laissant, seul, sombrer dans la mélancolie.

Six mois se sont écoulés sans qu'aucune famille n'adopte Mitou, qui ne mangeait presque plus et devenait caractériel ; c'était pourtant le plus affectueux des trois. Il ne supportait pas la promiscuité avec ses congénères du refuge, surtout depuis "l'abandon" de ses sœurs.

Un beau jour, n'y tenant plus, je propose à la propriétaire du refuge un compromis : j'accepte d'installer Mitou dans mon garage, et les éventuels "adopteurs" n'auront qu'à venir chez moi s'ils sont intéressés par un mâle tigré.
Marché conclus.

La pauvre bête est arrivée chez nous dans un état inimaginable.

Drogué (c'était le seul moyen de le soigner et de l'attraper), d'une maigreur affreuse, il portait sur son expression l'enfer qu'avait du être son incarcération bien trop longue... Au moins, dans mon garage, il serait tranquille, sans les autres chats, et je me promettais, avec tout mon amour, de réparer les dégâts psychologiques.

Mais une catastrophe se préparait…

L'ayant laissé seul quelques heures, je retrouve la pauvre bête prostrée dans son pipi, alors que j'avais équipé le garage de tout ce dont un chat peut avoir besoin. A la fois soumis et terrorisé, sans la moindre volonté, Mitou était pitoyable.

Comme je revenais de Paris par une chaleur étouffante, j'ai entrouvert le volet roulant de quelques centimètres. Il a suffit que le chat, prenant peur pour une broutille, quitte sa place et s'approche du volet (ce qui ne nous inquiétait pas du tout) pour que cette journée bascule dans le cauchemar ! Médusés, nous avons vu Mitou disparaître par la minuscule ouverture du volet. Englouti !

Aujourd'hui encore, nous nous demandons comment il a pu faire ; était-il donc si affreusement maigre ?...

Perdu, perdu à tout jamais, dans un endroit qu'il ne connaît pas, drogué, affamé, Mitou est PERDU. J'ai tout gâché, je suis impardonnable !

Nous avons tout essayé. Perquisitionné chez des voisins (plus ou moins aimables), mis des trappes (mais il paraît qu'un chat qui s'est déjà fait prendre n'y rentre jamais une deuxième fois), ce qui nous a permis d'attraper tous les chats du quartier! Nous nous levions en pleine nuit pour aller voir avec une torche électrique lequel de ces malheureux s'était fait prendre au piège. Nous avons mis de la nourriture partout, jusqu'à la maison, comme "le petit poucet"... et des annonces à chaque arbre ! Mitou est même devenu la "célébrité" du quartier. Les enfants, dans les rues, nous criaient : "Et Mitou, vous l'avez retrouvé ?"
Nous croulions sous les coups de téléphone, nous le localisant ici ou là…


Je commençais vraiment à réaliser que nous étions en train de "chercher une aiguille dans une botte de foin" !

Décidée, je me suis adressée à Dieu en ces termes : "Il nous est impossible de retrouver un chat, qui ne nous connaît pas, dans toute la ville. Toi seul peut réussir ce miracle ! "

C'était presque un ordre. J'ai osé préciser : "Si Tu pouvais me le ramener Dimanche…" (J'ai même fait un "marché" avec Dieu, mais c'est une autre histoire).

C'est alors que mon amie m'informe que nos annonces ne sont pas assez précises ; nous avions à peine eu le temps de faire la connais-sance de Mitou et elle m'affirme que celui-ci est couleur fauve et non pas grise. Nous remettons de nouvelles affiches, de vrais discours ! Nous avons même reçu l'appel d'une dame âgée prête à tout pour nous venir en aide.

Et...
 
Notre voisin le plus proche, grâce à la deuxième description est formel : il a aperçu un chat qu'il n'avait jamais vu avant, il en est sûr, correspondant exactement au nouveau signalement !

Ainsi ce brave Mitou serait resté tout près de chez nous alors que je l'imaginais ayant couru comme un fou droit devant lui.

Nous reprenons espoir.

Je décide sur le champ de changer de marche de manœuvre ; puisque Mitou est tout près, nous allons faire silence, et le laisser venir, en l'attirant par la nourriture que nous ne mettrons désormais que dans notre jardin.

Nous sommes donc enfermés, malgré la chaleur, et regardons la télé, tout tristes.

C'était un dimanche.

Vers quinze heures, je tourne la tête nonchalamment vers le jardin.

Un animal merveilleusement gracieux, fauve, genre lynx ou puma, immense et gracile, est là, méfiant, en plein milieu du jardin, humant les odeurs de nourriture différentes qui viennent de toutes les parties du jardin : c'est lui !

Nous pensions ne pas être sûrs de le reconnaître, mais il n'y a pas de doute, il est unique. Sous le charme, nous nous exclamons d'un commun accord :
"Quelle merveille !"
Métamorphosé par la liberté enfin retrouvée, mais bien reconnaissable. Nous nous tapissons par terre de peur de le déranger. Ce que je veux c'est qu'il mange, qu'il mange enfin !

Ce sont les croquettes de mon amie qui ont eu sa préférence.

J'ai passé les jours et les semaines qui ont suivi à me crever les yeux pour essayer de distinguer mon chat à travers la végétation du jardin. Chaque jour, j'approchais sa gamelle un peu plus près de la maison...
Nous avons imaginé les pires inventions pour essayer de capturer ce pauvre Mitou (lui qui avait enfin retrouvé la liberté !…) : fenêtres reliées à un tendeur censées se refermer sur lui, etc…ridicule ! Grâce au ciel tout a échoué, nous n'avons jamais réussi à l'attraper de force.

Angoissée, j'entendais éclater des bagarres. Je me disais : (c'est sûrement lui qui doit dérouiller - NOUNOURS ! - Et il sera certainement contaminé...) C'était dur.

Mais, un beau jour, une scène cocasse nous en a appris beaucoup sur les chats.

Alors que je me faisais un sang d'encre pour Mitou, je vois dans le chemin qui longe le jardin, au dessus des framboisiers, le haut d'une queue tigrée, dressée toute droite, se promener dans l'allée. Je parviens à m'approcher et tombe à la renverse de surprise : mon Mitou, tout câlin, collé à notre terreur de Nounours, la queue en l'air de soumission, ne le lâchant pas d'une griffe ! Ainsi il s'était fait un ami du chat le plus puissant du quartier…

Ce jour là nous avons compris que c'était gagné.

Mais les mois passaient, la température baissait à vue d'œil, et Mitou, toujours dehors, avait l'air en très mauvaise santé.

J'ai préparé un grand carton pour lui faire un abri, mais un mois s'est écoulé sans qu'il daigne y rentrer.

Je me souviens très bien de ce trentième jour : (j'enlève le carton ce n'est pas la peine, s'il n'est pas rentré au bout d'un mois, il ne le fera jamais.)
Le carton à la main je m'apprêtais à le jeter, mais soudain je me suis ravisée : (je ne suis pas un jour près, je peux bien le laisser un jour de plus...).

Le soir même, en rentrant du travail, j'aperçois Bernard me faisant de grands signes à la fenêtre pour me faire comprendre d'entrer sans faire de bruit, et me désignant désespérément notre petit abri : deux bouts de pattes tigrées dépassaient du carton !

Petit à petit, Mitou s'est rapproché, de lui-même, entrant progressivement dans la maison en suivant son héros, son "père" : NOUNOURS ! - celui que nous avions failli supprimer et qui venait de sauver ce pauvre Mitou !...

Nous avons décidé d'abréger les souffrances de Nounours quand nous avons senti qu'il nous en suppliait. Après sa mort, il nous fallu faire le test du Sida sur chacun de nos chats. Aucun n'a été contaminé par Nounours.

Merci Nounours. Merci.

Mitou est devenu un chat très câlin, mais qui a toujours horreur de se faire soigner ! Il ne nous est jamais venu à l'idée de le placer : il a bien trop souffert.

Et puis, c'est Nounours qui nous l'a confié, n'est-ce pas ?...

Par Domi
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"Je suis"


Je suis

la plume

qui gratte

la page

et qui

la griffe


Je suis

la griffe

qui s'accroche

à l'herbe

du gouffre


Je suis

le gouffre

qui grandit

chauqe jour

au bout

du chemin


Je suis

ce chemin

qui ne mène

nulle part


J'écris...


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Mots vides
sans style
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miasmes
de mes poèmes
sans chair
sans ossature
je me sens phasme
brindille
fétu
tige droite
sans âme
une écharde
 un trait
 un tiret
sur ma vie
ce que je suis
ligne
longue
sans poil
sans plume
sans feuille
 un brin
sans racine
sans ventre
une fente
une ébauche
une rayure
petite griffure
faite à la plume
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bout
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