Sonnets

Mercredi 11 novembre 2009

Un sonnet (encore) repris




" Nature coquette "


 

Adepte je ne suis de soie ou de froufrous

Que l’on porte en secret, parfois en jarretelle,

Pour offrir à l’amant amateur de dentelle

(Ou même à son miroir... ) quelque intime dessous.

 

Ai-je tort ? Sous mes pulls, mon linge le plus doux

C’est le grain de ma peau sans autre bagatelle ; 

J'ignore l'artifice et me préfère telle

Que ma mère m‘a faite - ainsi qu’on dit chez nous !

 

Il pleuvait ce matin, de la frêle marquise,

Un frisottis de nacre agité d'une brise

Plus légère qu’un rêve au creux d’un baldaquin :

 

Une glycine blanche, enlacée à la mauve,

En long déshabillé pendait devant l’alcôve…

Un doux regret vola sous la treille, taquin.




domi

Par Domi
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Jeudi 3 septembre 2009


Robe du Soir 

 

Le soir défait sa robe de soleil,

Très lentement, comme une douce amante

Retient la chute, ô combien si charmante,

De son jupon, ruisselant et vermeil…

 

Et l’amoureux voit se remplir le ciel

De cette soie, infinie et mourante,

Qui, propageant le feu de son attente,

Se multiplie en fins lambeaux de miel…

 

Tendre rêveur !… Au ballet des secondes,

Soudain, pour lui, mille perles profondes

A l’horizon, brillent innocemment. 

 

Et dans les yeux de la nuit qui s’installe,

Un doux poète honore sa vestale,

Parfaite et nue, ainsi qu’un diamant…  

 

 

domi

Par Domi
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Mercredi 2 septembre 2009


« Maman est fatiguée »

 

 

Maman est fatiguée – oui, ta maman, si belle,

Aujourd’hui, que veux-tu, ne peut pas se lever.

S’il te plait, cette fois, laisse-la se lover

Sur ton cœur, mon amour, ma petite hirondelle.

 

Ce matin, ma douceur, l’aurore est trop cruelle.

Maman voudrait dormir, et juste un peu, rêver…

Toi, qui d’un seul regard, sus toujours la sauver

Veux-tu prendre ta mère, un instant, sous ton aile ?

 

De ma vie, ô mon cœur, je n’avais tant souffert !

Au nom de cet amour que ton cœur m’a offert

Je voudrais ce matin demander une trêve…

 

Tout à l’heure, maman viendra pour te langer,

Tu sais bien qu’elle t’aime, et te fera manger…

Bébé, ne pleure pas !! Oui, oui... maman se lève…




domi

Par Domi
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Dimanche 9 août 2009

Sonnet dédié à Roman


Lu, mis en pages et en musique par Flormed, mon professeur de poésie adoré !


montez le son....



" Nouvel ami "

 


Son âme de priant m’a prise sous son aile,

Distillant sur ma vie un peu de réconfort…

De tout son être, il veut m’arracher à mon sort;

Il m’offre la douceur d'une épaule fidèle.

 

Pour alléger ma peine il puise en l’escarcelle

De sa propre douleur, qui le rendit plus fort…

Son bras de pélerin supplée au foyer mort

De mon cœur sans repaire et privé d’étincelle.

 

J’avance pas à pas, délaissant les fardeaux

D'un douloureux passé pour ses précieux cadeaux...

Mais, il n’est point aisé de revoir la Lumière !

 

Et dans ce long tunnel qui me glace d’effroi,

Sa petite lanterne illumine pour moi

La route, où chante au loin l’écho de sa prière.


 


domi



Par Domi
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Vendredi 7 août 2009


L’icône

 


Sur un mur, au salon, dort une vieille icône :

Visage triste et beau, d’or pâle, auréolé,

Fines mains soutenant le garçon potelé

Qui, de ses bras, étreint cette austère madone.

 

Sa tendresse d’enfant, tout l’amour qu’il lui donne,

Ne peuvent éclairer le front bas et voilé,

L’abandon du regard, le sourcil désolé,

De la Reine-Douleur sur son glorieux trône.

 

Les traits du nouveau-né sont ceux d‘un homme mûr,

Et la mère sans âge, échappant au futur,

Me rappelle une femme, en sa peine profonde…

 

Figure familière, à l’œil gris et lointain

Brûlé d’un même amour et d’un même chagrin :

Cette femme, c’est celle qui m’a mise au monde.




domi


à ma mère


Par Domi
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Vendredi 19 juin 2009

poème retravaillé en sonnet

 


 

" Rêve d'Orient "



Cette nuit, j’ai rêvé d’un sofa couleur prune
Où je m’alanguissais sur des coussins dorés,
Bras et cheveux flottant dans les reflets moirés
D'un tissu de velours caressant ma peau brune...

Un serviteur muet, doux enfant de la Dune,
Embaumait longuement de ses parfums camphrés
Mon alcôve d’amour aux voiles bigarrés,
Puis s’évanouissait sous un rayon de lune …

Là, tu m’apparaissais, dans la douce clarté
D'une gandoura blanche – ô prince de Beauté
Dont j'étais en secret la ténébreuse amante !

Etait-ce une autre vie ? Un écho de roman ?
Si j’allais, m’éveillant, briser l’enchantement !…
Mais blottie en tes bras, me surprit l’aube aimante.




domi



Par Domi
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Mardi 12 mai 2009




« Rendez-vous »


 

On voudrait se lever quand la douleur nous lance.

Ecrire un mot dessus pour se voiler la peur.

Grignoter à la nuit ses lettres de silence

Sur le clavier glissant d'une moite  torpeur.

 

Taper, taper encor jusqu’à la défaillance

Se draper d’insomnie comme on rit de stupeur

Devant l’écran-fantôme à l’insoluble danse,

Triturer jusqu’à l’os, l’oubli - l’oubli trompeur ...

 

O, Douleur, à te fuir, combien de ces poèmes

Furent pleins de candeurs ou de fausses bohèmes

Et finiront cloués, dans un cadre, au salon !

 

Pourquoi mettre des mots sur les maux indicibles...

Prendras-tu rendez-vous, Douleur, quand, invincibles,

Tes serpents seront là, lovés à mon talon ?




domi

 


Par Domi
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Lundi 27 avril 2009

 


Les glycines ne s'enroulent jamais autour des rosiers...

 


« Un ange, tout à l’heure »

 

Un ange, tout à l’heure a frôlé les glycines
Et volé doucement autour du vieux rosier…
J’ai cru voir ce bouquet, tel un rouge brasier,
S’éventer sous un mât de blanches balancines !

 

Alors, j’ai pris la mer des vagues assassines...
Contemplant en silence, à la treille d’osier,
Vos cheveux dénoués sur votre chemisier
J'ai rêvé de mêler nos lointaines racines :

 

Je serais ce rameau, l'insatiable ver
N’osant pas embrasser le buisson doux-amer
De votre âme farouche aux tendresses discrètes ;

 

Les grappes de mon cœur éclairant votre front
Seraient la seule nacre en vos ombres secrètes,
Mon unique baiser et mon dernier affront !




domi

 


 

Par Domi
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Dimanche 12 avril 2009

 

Photo de BOUBAT (parc de Sceaux)

 


« Neige de printemps » 

 

 

Pour donner de beaux fruits, mourir, doivent les fleurs…

J’y songeais ce matin, sous la voûte étoilée

D’un arbre épanoui dont la couronne ailée

Déversait sur mon cœur ses opales couleurs…

 

La sublime féerie offrait à mes douleurs

Une cape d’oubli, sur mon âme enroulée

Telle une grande écharpe au ciel auréolée

De chastes diamants brillant comme des pleurs…

 

Soudain, de nulle part, survint un frais zéphire

Qui, dans un tourbillon, décoiffa le beau sire,

Dispersant dans l’azur le céleste bouquet !

 

« O brise de printemps, tu ne pouvais attendre ? »…

Mais voici que, bientôt, en une fine cendre,

M’invitait une Neige à son divin banquet !

 


 

 

domi

 

 


Par Domi
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Lundi 6 avril 2009


« Inquiétant voisinage »



Fuyons ! Quittons la résidence
Où l’air était pur et vermeil
Et la vallée, au grand soleil,
Un précieux havre d’évidence...

Eloignons-nous de la vermine :
Grand-mère dont l’éducation
Condamne, en piètre incantation,
Toute Valeur à la famine !

C’est fou ce qu’on peut, en un an,
Faire d’un ange un garnement,
A la main, toujours une pierre...

Sa grande sœur, dès le matin,
Hantant sans répit le chemin
De ses jeunes yeux de sorcière !



domi





Par Domi
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Présentation

Mes préférés...

Poème


"Je suis"


Je suis

la plume

qui gratte

la page

et qui

la griffe


Je suis

la griffe

qui s'accroche

à l'herbe

du gouffre


Je suis

le gouffre

qui grandit

chauqe jour

au bout

du chemin


Je suis

ce chemin

qui ne mène

nulle part


J'écris...


publié dans "écriture"


Mon petit dernier préféré :
La pesanteur et la grâce

Lumière du Sud

 

 





 


La calèche

Envol

Le vieux guide

Le pays du vent

Communion

L'odeur du temps

L'oiseau de l'aube

La toile

Printemps


Chats (cliquez sur le chaton) 

 








Chanson et
récit autobiographique :
(cliquez sur le phonographe)
 
"Domino",

 

 






 
 

 

Un bout de moi

PHASME






Mots vides
sans style
de mon stylo
miasmes
de mes poèmes
sans chair
sans ossature
je me sens phasme
brindille
fétu
tige droite
sans âme
une écharde
 un trait
 un tiret
sur ma vie
ce que je suis
ligne
longue
sans poil
sans plume
sans feuille
 un brin
sans racine
sans ventre
une fente
une ébauche
une rayure
petite griffure
faite à la plume
une strie
figée
bâton
bout
de
bois
vide
bout
de
vie
 
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