Mercredi 7 juin 2006
        
                                  Berry, la maison de campagne
                            

  

                                                         PROLOGUE

           La rugosité des pierres apparentes donnait à la pièce l'aspect d'une grange, surtout le soir, éclairée d'une simple lampe. J'aurais voulu plaquer mon corps contre la pierre et y laisser aller mon cœur. Comme le souvenir de nos os de petites filles se laissant ballotter dans les bras rudes et râpeux d'une vieille  brouette.

Et me blottir pour toujours dans la pénombre de la pièce. Face à l'austère cheminée. Pour toujours à l'abri. Dans l'épaisseur des murs. Avec la voix de leur chant silencieux. Leur inébranlable force.

Me contentant d'un morceau d'horizon, pâle et lointain. Comme une larme d'infini.


                                               Chap. 1

       
Les volets s'ouvraient sur une grange dépourvue de la moindre beauté. Ses briques rouges aboyant à la fenêtre comme une pièce rapportée, barrant la route à tout paysage et fanfaronnant d'oiseaux.


Mais dans l'après-midi, sa face écarlate réfléchissait soudain dans toute la pièce une lumière dorée plus chaude que celle du soleil. L'intérieur des pierres apparentes, ce mélange brun et rudimentaire de terre et de sable qui servait de mortier, prenait alors – comme sous l'effet d'un coup de sang – une couleur de terre orange. Comme une terre d'Afrique.


La rusticité du mur contrastait avec le moelleux du grand canapé dans lequel je me lovais, sable et chaux mêlés s'effritant inlassablement, déversant son lot quotidien de coulure et de rognure de mur. Mais j'avais besoin de me blottir au cœur de cette authenticité – la plus élémentaire – de m'étendre contre la pierre, de la toucher, de la voir telle qu'elle apparaissait sous l'épaisse couche de plâtre qui la recouvrait, pour la connaître et l’éprouver telle qu'on l'avait extraite de la terre une centaine d'années auparavant.

Cette patiente et microscopique avalanche de poussière était pour moi le signe d’une vie, de la vie perpétuellement en mouvement, le signe visible et palpable que la maison, façonnée avec les pierres et la terre du pays, était vivante.


Et je m’agrippais à cette vie comme les oiseaux s’accrochaient au lierre de la grange.

 

Par Domi - Publié dans : Autobiographiques
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Mes préférés...

Poème


"Je suis"


Je suis

la plume

qui gratte

la page

et qui

la griffe


Je suis

la griffe

qui s'accroche

à l'herbe

du gouffre


Je suis

le gouffre

qui grandit

chauqe jour

au bout

du chemin


Je suis

ce chemin

qui ne mène

nulle part


J'écris...


publié dans "écriture"


Mon petit dernier préféré :
La pesanteur et la grâce

Lumière du Sud

 

 





 


La calèche

Envol

Le vieux guide

Le pays du vent

Communion

L'odeur du temps

L'oiseau de l'aube

La toile

Printemps


Chats (cliquez sur le chaton) 

 








Chanson et
récit autobiographique :
(cliquez sur le phonographe)
 
"Domino",

 

 






 
 

 

Un bout de moi

PHASME






Mots vides
sans style
de mon stylo
miasmes
de mes poèmes
sans chair
sans ossature
je me sens phasme
brindille
fétu
tige droite
sans âme
une écharde
 un trait
 un tiret
sur ma vie
ce que je suis
ligne
longue
sans poil
sans plume
sans feuille
 un brin
sans racine
sans ventre
une fente
une ébauche
une rayure
petite griffure
faite à la plume
une strie
figée
bâton
bout
de
bois
vide
bout
de
vie
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés