Mercredi 11 novembre 2009

Un sonnet (encore) repris




" Nature coquette "


 

Adepte je ne suis de soie ou de froufrous

Que l’on porte en secret, parfois en jarretelle,

Pour offrir à l’amant amateur de dentelle

(Ou même à son miroir... ) quelque intime dessous.

 

Ai-je tort ? Sous mes pulls, mon linge le plus doux

C’est le grain de ma peau sans autre bagatelle ; 

J'ignore l'artifice et me préfère telle

Que ma mère m‘a faite - ainsi qu’on dit chez nous !

 

Il pleuvait ce matin, de la frêle marquise,

Un frisottis de nacre agité d'une brise

Plus légère qu’un rêve au creux d’un baldaquin :

 

Une glycine blanche, enlacée à la mauve,

En long déshabillé pendait devant l’alcôve…

Un doux regret vola sous la treille, taquin.




domi

Par Domi - Publié dans : Sonnets - Communauté : Sonnets et beaux vers
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Mercredi 4 novembre 2009


"Charmes d’automne"

 

Une brise dans les branches

Agite leurs souples manches

Comme des furtifs « bonjours ».

Clin d’œil si léger, si tendre...

Un elfe viendrait-il prendre

Des nouvelles de mes jours ?

Et moi, seule à ma fenêtre,

(Follette suis-je, peut-être?)

Candide, envoie un baiser...

Un éclair me le redonne :

C’est une feuille d’automne...

Un doux feu vient l'embraser ! 


   

domi

 

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Dimanche 1 novembre 2009

 


Princesse sauvage

 


Elle aurait dû rire…oser !

Corps gracieux, doux visage…

Elle ne fit que poser,

Telle une image, trop sage.

 

Elle aurait pu vivre…aimer !

Goûter au tendre breuvage…

Elle dût s’enfuir, s’armer

Contre un fantôme... un mirage.

 

Les clairs soleils du matin

Ont traversé les feuillages

De sa prison de satin

Aux invisibles grillages ;

 

Mais la lumière prit peur...

Comme un début de voyage

Sans mât, sans voiles au cœur,

Et sans espoir de rivage…

 

Alors, un soir, sans regret,

Cette princesse sauvage

Confia son lourd secret

Aux beaux oiseaux de passage

 

Et, dans le sable muet,

Traça l’aube d’un langage,

Déposant, soudain fluet,

Son mystérieux bagage...

 

 


domi

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Vendredi 30 octobre 2009


d'après T. GAUTIER "étude de mains"


"On voit tout cela dans les lignes
De cette paume, livre blanc
Où Vénus a tracé des signes
Que l'amour ne lit qu'en tremblant."


poème entier ici

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« La vieille dame et le jeune poète »

 

Main immaculée où rêve mon cœur,

Ta pâleur est celle des cygnes,

Et ton mystère, un ange moqueur :

On voit tout cela dans les lignes…

 

Ah, laisse-moi compter, poète,

Les sillons que le temps, si lent,

A tracé sur l’onde muette

De cette paume, livre blanc…

 

Et frôler - volage gamin -

Tes doigts nerveux, frêles et dignes,

Qui déroulent ce parchemin

Où Vénus a tracé des signes…

 

Peau contre peau, ridée et lisse,

Au bout de ce poignet, troublant,

J’avance vers le doux supplice

Que l’amour ne lit qu’en tremblant…

 

 

domi

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Lundi 26 octobre 2009

d'après V.HUGO

"Lorsque l’enfant parait"


  " Il est si beau, l’enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers ! "

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  " Toi qui vins vers moi "

Je fus cet innocent ?
Cet être attendrissant
Jouant dans son berceau d’où gazouillait son rire ?
Quelques bouches en O
Ont crié : « Qu’il est beau,
Il est si beau, l’enfant, avec son doux sourire ! » ?

Je souriais ainsi ?
D’un éternel merci
Flottant dans l’univers de mon petit empire ?
J’étais cet ange blond
Avec son minois rond,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire ?

Il parait… c’est si loin. Je ne m’en souviens guère.
J’aimerais bien, parfois, dans les bras d'une mère,
Mes membres épuisés
Abandonner encor, telle petite fille
Oubliant dans le sein de sa chère famille
Ses pleurs vite apaisés !

Son regard bleu, le soir,
Tout lumineux d'espoir
Après quelque chagrin, mystérieuse envie...
Souplesse de l’enfant !
Sur chaque instant présent
Laissant errer sa vue étonnée et ravie !

On le voit, confiant,
Candide mendiant,
Sa curiosité toujours inassouvie,
Echanger son caillou
Contre un coin de genou,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie !

Ah... toi qui vins vers moi, tout empli de tendresse,
Pour m’offrir tes élans, ta chaleur, ta caresse,
Las, trop souvent brisés,
Si tu m’avais connue alors : petite « femme »
Ouvrant aux doux plaisirs sa virginale flamme,
Et sa bouche aux baisers ...


domi
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Dimanche 25 octobre 2009


d'après VERLAINE :« Il pleure dans mon cœur »

 

« Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ? » 

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De là-haut, le poète…

 

J’avais une âme, un cœur…

Un soir que j’étais triste,

J’écrivis, l’air moqueur :

« Il pleure dans mon cœur ». 

 

Amoureux de ma ville ? 

Je versais sans raison

Larmes de crocodile

Comme il pleut sur la ville…

 

Excentrique langueur…

J’ai commis ce poème,

Rimaillant sans rigueur

« Quelle est cette langueur ? »,

 

Que les enfants, par cœur,

Apprennent à l'école :

Du ciel c’est un bonheur

Qui pénètre mon cœur !



domi

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Jeudi 22 octobre 2009

D’après « Hospitalité » de Philippe Fabre d'Eglantine, un poème que j’ai (re) découvert avec un immense plaisir, ici


« Il pleut, il pleut, bergère,
Presse tes blancs moutons ,
Allons sous ma chaumière,
Allons, bergère, allons.
J’entends sur le feuillage
L’eau qui tombe à grand bruit ;
Voici, voici l’orage,
Voici l’éclair qui luit .»

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« A une jeune bergère »


Regarde au loin le ciel
Chargé de lourds nuages ;
Temps providentiel
Pour mes songes volages...
Ma mie, il fait plus noir !
Je n’en suis point colère
Et je reprends espoir...
Il pleut, il pleut, bergère !

Mon bras sur ton épaule,
Je veux te protéger :
C’est mon plus joli rôle,
Je n’en veux plus changer !
T’embellissent les gouttes,
Se tendent tes tétons,
Dissipant tous mes doutes...
Presse tes blancs moutons !

Mignonne, viens, courrons !
Là-bas, j’ai quelque grange,
Tes bêtes, logerons.
Dépêche-toi, mon ange,
Sur ta joue, un ruisseau
Est devenu rivière ;
Après cet arbrisseau,
Allons sous ma chaumière !

Je sens ton corps qui tremble,
Aurais-tu peur de moi ?
On est si bien ensemble,
Serait-ce un doux émoi ?
Tous tes parfums je hume
Tandis que les vallons
Se couvrent d’une brume...
Allons, bergère, allons !

Serre ma main, plus fort,
Petite enfant menue ;
Il n’y a pas de tort
A fuir l’averse drue !
Le chant d’un séraphin
Envoûte le voyage :
C’est ton rire, qu’enfin,
J’entends sur le feuillage ?

Oui ! Ta bouche vermeille
S’éclaire d’un plaisir :
Alors, mon cœur s’éveille
Au rêve d’un désir !
Dans le foin, oserai-je
Te coucher pour la nuit,
Boire à ton sein de neige
L’eau qui tombe à grand bruit ?

La porte en bois gémit ;
Entrons, le ciel est sombre.
Mais… la belle blêmit
Dans la douce pénombre…
Allons, faisons un feu,
Et respectons son âge,
Bien que, dans son œil bleu,
Voici, voici l’orage...

Si pure est ma bergère...
Je baiserai son front ;
A son père, à sa mère,
Je ne ferai d’affront ;
Je l’aimerai, plus sage
Que l'oiseau qui s’enfuit...
Bien que, sur son visage,
Voici l’éclair qui luit...


domi
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Lundi 19 octobre 2009


"Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux."


une glose d'après Baudelaire, "La vie antérieure"...

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" Ma Musique "


Dans mon cœur un écho de sons mystérieux

Hante mes blancs matins, de ces plaintes lointaines

Que chantent en secret, telles sombres sirènes,

Les houles, en roulant les images des cieux :

L'écume d'une mer, grondante et nostalgique,

Recouvrant de ses pleurs les rivages d’argent

Que les rayons du soir, en un reflet changeant,

Mêlaient d'une façon solennelle et mystique…

 

Modes mineurs perdus d’une harmonie antique

Dont mon âme était pleine à l’aube de mon temps ;

Ah, comme j’ai cherché, depuis que j’ai dix ans

Les tout-puissants accords de leur riche musique !

 

Et de cette complainte à désoler les dieux,

J’ai fait mon seul voyage et mon ultime étoile,

En suivant une brise où clignote ma voile

Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux...



domi

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Mercredi 23 septembre 2009

 

 

Une main

 

N’être qu’une main couchant son pleur
Sur tant de pages non tournées
Où dort, peut-être, quelque fleur…
Longue plume désincarnée
A l’encre violette d’un ennui
Dont pas un chant ne s’élève
Hélas ! un silence inouï
Au-delà des bleus échos du rêve…

Ne laisser qu’un bonheur avorté
Entre les carreaux et les lignes
Où la possible éternité
Clignote d’invisibles signes…
Solitaire main, laisse-toi guider
Par cette mort, douce, au monde :
Est venu le temps de céder,
Ô, blanche main, féconde... inféconde… 

 

 

domi

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Vendredi 11 septembre 2009


Lâcher-prise

Ô, jamais, la Paix, n’espère !
Toi, pauvre cœur illusionné...
Car le monde est sillonné
Par les Anges de la Guerre
Dont l’héritage est la douleur; le malheur…
Ne redoute pas la tempête ;
Plie, ainsi que la fleur,
Et tiens bon, cher poète…

Comme l’océan, la Vague
De la Vie érode ton corps
Et ruine tous les accords
De ton âme qu'elle drague !
Puis un soir, souffle l’Ultime et sombre Vent
Dont ne subsiste qu’une brise
Te menant doucement
Au port du "lâcher-prise"...


domi

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"PHASME"

 


Mots vides
sans style
de mon stylo
miasmes
de mes poèmes
sans chair
sans ossature
je suis phasme
brindille
fétu
tige
droite
sans âme
une écharde
un trait
un tiret
sur ma vie
ce que je suis
ligne longue
sans poil
sans plume
sans feuille
un brin
sans racine
sans ventre
une fente
une ébauche
une rayure
petite griffure
faite à la plume
une strie
figée
bâton
bout de bois
vide
bout
de
vie

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"JE SUIS
"


Je suis

la plume

qui gratte

la page

et qui

la griffe


Je suis

la griffe

qui s'accroche

à l'herbe

du gouffre


Je suis

le gouffre

qui grandit

chauqe jour

au bout

du chemin


Je suis

ce chemin

qui ne mène

nulle part :


J'écris...



Ebauche

 
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